• La voix de Marie-Madeleine!

     

    Berceuse!

     

    Je vous partage aujourd'hui ce texte que j'ai écrit dans le souvenir des Jours Saints. Il fait partie d'un de mes recueils patrimoniaux.

     

    La voix de Marie-Madeleine

    *

    Cela faisait plusieurs jours

    Que j'errais dans la ville

    Avec ce pressentiment dans mon cœur

    Qu'il allait mourir

    Et que je ne le reverrais jamais.

    Je les connaissais tous ces gens

    Qui le pressait chaque jour

    De milles questions

    De cents demandes

    Les biens pensants

    Sûrs de leur loi et de leur pouvoir

    Et tous les autres

    A la cervelle creuse

    Et le cœur boutiquier,

    Il y avait juste quelques femmes

    Pour l'aider

    Je me joignais parfois à elles

    Et une poignée d'hommes

    Qui l'avaient suivi

    Sur les chemins de Galilée

    Sans trop savoir où ils allaient

    Poursuivant leur rêve lointain de liberté,

    Ce matin, ils l'avaient enfermé

    Je savais qu'ils le feraient mourir

    C'était tout décidé!

    L'angoisse de l'attente me portait aux abords du Temple

    Ou vers la maison de Pilate

    Quand les soldats me laissaient tranquille

    Ces brutes.

    Une petite pluie tenace accompagnait

    Le froid du jour.

    Ensemble, ils formaient un rempart menaçant

    Tenant la ville close

    Hors du temps

    Hors de portée de tout secours.

    J'avais du mal à respirer

    Et le vent acide me poussait dans les ruelles

    Comme une condamnée

    A la recherche d'un temps perdu.

    On avait allumé un peu partout

    Des braseros.

    On spéculait sur son sort

    On pariait sur sa vie

    On s'excitait déjà sur sa mort

    Comme des chiens à la curie.

    Que pouvais-je faire

    Sinon attendre.

    Avec les femmes

    Nous avons décidé

    De rester

    Au plus près de lui.

    Voilà ce jour funeste

    Où il gémit sur cette croix

    Souffrant milles morts

    Toute la nôtre

    Toute la leur.

    Les larmes n'ont jamais cessé

    De couler de nos pauvres yeux

    Brûlant de peine et de peur.

    La petite Salomé a vomi

    Et s'est mise à trembler de tout son corps.

    Nous l'avons couverte de nos chandails

    Et Marie l'a prise dans ses bras.

    Il est mort dans un cri

    Et un violent orage, en écho, éclata

    A ce moment là.

    En ville tout se bouleversait.

    On est venu nous raconter

    De drôles d'histoires

    Jusqu'au rideau du Temple

    Qui venait de se déchirer par le milieu.

    Deux hommes arrivèrent

    Pour le descendre de la croix.

    Marie aussitôt s'élança

    Et ils ont eu du mal

    A l'arracher au corps supplicié,

    Ils le déposèrent dans une grotte du jardin

    Et devant, on roula une énorme pierre.

    Nous sommes rentrées.

    Il ne nous restait

    Que nos aromates et nos parfums

    Pour pallier les effets terribles de la mort.

    Toute la nuit nous avons préparé

    Mêlant nos larmes et notre désespoir

    Aux onguents funéraires.

    Demain

    Nous attendait encore

    Un douloureux labeur.

     

    La voix de Marie-Madeleine!

    Une de mes icônes, "Christ à la couronne d'épines"!

    Icône sur toile de lin vierge, à l'huile, de tradition copte.

     

    Dans le saint Vendredi!

     


  • Commentaires

    1
    Vendredi 10 Avril à 19:49

    J'aime beaucoup les affres de Marie-Madeleine que tu nous conte là, et ta tête de Christ est sublime.

    Bises du soir

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