• Matin citadin!

     

    Sandrine Piau, "Between Heaven and Earth"!

    Une voix tout simplement puissante et belle!

    Pour illustrer ce texte écrit ce week-end et que je vous partage aujourd'hui!

    Vous pourrez le lire demain matin avant de partir au boulot...

     

    Matin citadin

    *

    La ville, dans les matins frais des saisons, se réveille doucement sur la place.

    Une vieille femme, son petit sac en papier à la main rempli de mie de pain ou des restes rassis de la brioche dominicale, donne à manger aux oiseaux de passage.

    Les gros pigeons, maîtres des lieux, s’approchent invariablement mais ils savent qu’ils ne sont pas aimés, bien trop nombreux, ils encombrent de leur fiente, le joli pavé.

    Les moineaux sont assurés  de leur pitance et viennent même picorer dans la main les miettes du repas.

    Pourtant le garçonnet ou la fillette du quartier ont pitié des gros becs et ne manquent pas chaque jour de leur apporter un encas pris sur leur petit déjeuner. Leurs parents, pressés, les tirent par la manche en leur rappelant vigoureusement qu’ils seront, à l’école, en retard !

    Mais l’enfant tout comme la vieille dame n’en a cure et continue son nourrissage !

    Bonheur du jour !

    Quelques chiens frétillants, en éveil constant, tirent sur la laisse comme des forçats en soif de liberté ! Les maîtres essoufflés, exaspérés, finissent par donner du leste et même détacher les captifs. On voit alors s’élancer l’animal, traînée de poudre sur la place ! D’autres plus calmes, plus mâtures, suivent, attentifs au pas des passants, attendant patiemment la possible échappée.

    Aux fenêtres, les rideaux s’étirent et s’ouvrent à la lumière. On aperçoit alors quelques têtes ébouriffées traversant fugacement cet écartement. C’est l’heure aussi des chats, observant, d’en haut, l’arène d’en bas, fiers, quelque peu méprisants, conscients de ce privilège du supérieur. Certains plus amènes  répondent à votre salutation par ce regard si particulier du félin qui vous suit jusqu’au bout de votre cheminement.

    Les musiques mécaniques des engins modernes arrivent peu à peu, fanfare insolite des voitures, bus, cars, scooters et vélos électriques, klaxons intermittents…

    Par delà, les notes hautes d’une flûte traversière et parfois plus feutrées et profondes celles d’un violoncelle.

    Plus élevé encore un chant lointain lyrique aux accords répétés descend les étages d’un immeuble. C’est la dame du 4ème qui prépare son concert du week-end.

    Mon regard voyage de bas en haut accroché sans cesse par une multitude d’évènements concomittents.

    Eblouissement !

    Quelques mendiants du siècle organisent l’occupation des sols. Il y en a un qui me salue joyeusement tandis que les autres me suivent des yeux sans réclamer toutefois un euro ou deux. C’est trop tôt !

    Il n’y a bien qu’eux  qui ont remarqué ma présence. Ces pauvres ont le don de vous faire exister davantage. Et cela en dit long comme on dit sur notre monde insensé…

    J’allai acheter le pain du jour et maintenant me voici à nouveau dans l’atelier.  Je me mets au travail. Il est déjà 9 heures !

    Ecrire l’icône, écrire la couleur, écrire les mots qui attendent dessous ma fenêtre

    Leur incarnation.

    Quelle merveille que la contemplation dans le silence intérieur du temps qui passe et qui demeure !

     

    Matin citadin!

    "Les chats à la fenêtre", photo du Net!

     

    Douce soirée dans l'été retrouvé!


  • Commentaires

    1
    Lundi 16 Octobre à 00:08

    Une belle description de la ville s'éveillant...

    Bises et belle nuit

    2
    popopopo
    Lundi 16 Octobre à 19:52

    MERCY TE TES MESSAGES DE JOUR 

    JOLIE FOTO COMPOSITION

    GUY

    3
    Lundi 16 Octobre à 20:46

    un réveil matin que je vais rater puisque je te lis ce soir...y un décalage mais qu'importe ma Laure. Très juste ta ville au réveil,  très vivant. et c'est comme si nous y étions dis donc... merci pour le partage :) des bizouilles @ toi et ton Pierre ;)

    4
    Mouchette
    Mercredi 18 Octobre à 22:16

    Comme toujours on est avec toi dans la ville qui s'éveille. On a l'impression de marcher sur le trottoir à tes côtés. Bon, je le lis ce soir... C'est un peu dommage. Il faudra que j'en reprenne la lecture demain matin devant ma tasse de café.

    Bisous

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